L’Afrique des startups est arrivée

5 octobre 2008

L’Afrique, dopée par le boom du téléphone portable, connait à son tour la folie des startups. Le temps où le continent hors circuit regardait passer le train Internet est oublié. Pas une semaine sans que les programmateurs informatiques ne se réunissent pour se montrer leurs nouveaux projets. Ouverts à tous, ces événements appelés « Barcamps » ou « skunkworks » sont devenus monnaie courante à Nairobi, Johannesbourg ou Kampala.

Une créativité qui profite de la convergence du téléphone portable, de l’ordinateur et d’Internet. L’utilisation du GSM ne se limite plus aux appels classiques ou à l’envoi de textos. On peut désormais dans de nombreux pays africains avec son mobile transférer de l’argent ou payer certaines factures. Le continent est devenu l’une des zones les plus innovantes de la planète dans ce secteur.

Au Kenya, la dernière réunion des pros du web a offert aux observateurs de belles promesses selon Erik Hersman, spécialiste des nouvelles technologies et auteur du blog White African. Un étudiant de Strathmore University, a présenté un nouveau système de paiement appelé Tulipe utilisable sur Internet mais aussi via le téléphone portable. L’autre sensation est venu d’un logiciel qui permet d’envoyer au destinataire de son choix des minutes de communication prépayées n’importe où dans le monde Des solutions locales à des préoccupations locales.

Une matière grise qui séduit les investisseurs à l’affut de l’idée du siècle. Richard Bell, est à la tête d’un fonds américain de 100 millions dollars appelé East Africa Capital Partners. Basé à Nairobi, il est persuadé qu’il peut trouver le nouveau Google en terre africaine.

Un enthousiasme conforté par la multiplication des projets de liaison haut débit du continent au réseau mondial. Tout d’abord la construction d’un câble sous marin en fibre optique qui reliera en 2010 tous les pays de la côté Est au réseau mondial. Et dernièrement, l’annonce du lancement de 16 satellites en orbite basse capable de connecter l’Afrique mais aussi l’Asie et l’Amérique du sud à Internet. Un projet financé par le moteur de recherche Google, la banque HSBC et le cablo-opérateur Liberty Global. De nouvelles passerelles qui permettront de faire baisser de manière spectaculaire le prix des abonnements au web.

Ces dernières années les startups africaines ont déjà fait parlé d’elles. C’est le cas du site Zoppy en Afrique du sud qui permet d’échanger des vidéos, des photos, des blogs. Fort de son succès, il a cédé en juin 2008 40 % de son capital à Vodacom, l’opérateur de téléphone portable n°1 en Afrique du sud. Dans un autre genre, la société Tradenet installée au Cameroun a mis au point un logiciel qui permet de vendre et d’acheter des produits agricoles grâce au téléphone portable. Plus 8000 personnes utilisent déjà ce services.

Reste à espérer que la crise financière mondiale ne coupera pas les vivres aux petits génies africains de l’informatique.